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Une équipe de 200 prêtres commentent l'Évangile du jour

Thèmes evangeli.net

Jésus dans les Mystères du Rosaire

Mystères Douloureux
  1. La flagellation du Seigneur

D'une manière rapide, nous avons voulu intituler le 2ème Mystère Douloureux "La flagellation du Seigneur". Parce que, ne l'oublions pas, Jésus de Nazareth est "Le Seigneur", car "toutes les choses ont été faites par Lui" (Jn 1,3). On a déjà mentionné le "Dieu loin de Dieu". Maintenant est peut-être arrivé le moment de contempler l'"Homme loin de l'homme" : Il ne ressemble même plus à un homme ! Il s'est dépouillé de sa divinité et maintenant Il est sur le point de se "dépouiller" de son humanité (nos paroles ne suffisent pas à exprimer ces mystères). La Vierge elle aussi a bu à cette même coupe…

***

 

1°) "Pilate a pris Jésus et a ordonné qu'on le fouette" (Jn 19,1). Il n'y a pas d'autres détails ! C'est impossible de décrire tant de douleur en si peu de mots. Dieu est ainsi ! a discrétion est dans son ADN ! L'amour authentique tâche de servir sans se faire remarquer, en agissant en toute simplicité. Saint Mathieu nous dit que, pendant le procès devant le Sanhédrin, "Jésus restait silencieux" (Mt 26,63) : l'amour sait souffrir sans faire souffrir (développement : Le Christ Roi : l'autorité pour servir; il a tout accepté avec silence et humilité).

Luc raconte la naissance de Jésus seulement dans 2 versets de la Bible (cf. Lc 2,6-7). Dieu est ainsi et la Vierge aussi ! C'est elle qui l'a raconté discrètement dans ses cercles intimes (en peu de mots et sans donner de l'importance !).

 

2°) "Il n'y a pas d'apparence [humaine] en Lui (…). Tous évitaient de le regarder" (Es 53,2-3). C'est impressionnant comme le prophète Esaïe – 7 siècles plus tôt – entrevoyait le Messie comme un "Serviteur souffrant". Jésus, lorsqu'il est fait prisonnier et évacué de Gethsémani, ne ressemble plus à Dieu. Maintenant, sur le poteau de la flagellation, Il ne ressemble plus à un homme. La flagellation "était un châtiment extrêmement barbare" (Benoît XVI) : toute la barbarie, toute la sauvagerie dont nous sommes capables quand il n'y a pas Dieu… "Quand l'homme ne connaît pas Dieu, alors l'homme ne connaît pas l'homme" (Saint Jean Paul II). Ce ne sont pas des théories ! Ces deux hommes, Karol Wojtyla et Joseph Ratzinger, en ont fait l'expérience personnellement… (développement : Jésus, le "serviteur de Dieu").

Nous ne devrions pas détourner le regard : dans le Flagellé surgit l'image de l'homme détruit par le péché. "En Jésus apparaît le propre de l'homme". En Lui se reflète ce que nous appelons le "péché" : ce en quoi l'homme se convertit quand il tourne le dos à Dieu. (Benoît XVI). Pendant la Passion Dieu "disparaît" ; l'Homme-Dieu "disparaît" lui aussi et c'est le résultat du péché qui apparaît graphiquement. Celui qui n'avait commis aucun péché "est devenu le péché" (2Cor 5,21) en prenant "sur lui nos maladies" et en étant "moulu par nos péchés" (cf. Es 53,4.5). Est-ce que nous apprendrons un jour ? (développement : Jésus s’est fait "lépreux" afin que nous soyons purifiés).

 

3°) "Oh vous, tous ceux qui passez sur le chemin : regardez et voyez s'il y a une douleur comparable à ma douleur (Lm 1,12). Israël utilisait le "Livre des Lamentations" pour exprimer son amertume envers la destruction de Jérusalem. D'un point de vue chrétien, nous appliquons ces mêmes paroles à la Mère de Jésus exprimant sa consternation en "voyant" les souffrances de son Fils. Une douleur seulement comparable – malgré la distance – à une autre douleur qu'Elle-même avait déjà entendue et subie : la tuerie sauvage des Enfants Innocents par le roi "Hérode de service" (cf. Mt 2,16).

En fait, Marie n'a pas encore vu Jésus. A Gethsémani elle ne l'avait pas vu, non plus, pendant la flagellation – on suppose – qu'elle l'avait simplement "entendu". Mais, qu'a-t-elle entendu exactement ? Pas le Christ – toujours discret, sans ouvrir la bouche comme un "agneau qu'on mène à l'abattoir" (Es 53,7), mais l'impact des coups de fouet sur son Corps (c'est ce qu'en déduit la bienheureuse Anne Catherine Emmerich).

Ce glaive de douleur – annoncé quelques 30 ans plus tôt par l'ancien Siméon (cf. Lc 2,35) – transperçait déjà l'âme de Sainte Marie (développement : Ton coeur sera transpercé par une épée). Elle, qui dans le Temple – 18 ans plus tôt – avait demandé à Jésus adolescent "pourquoi ?" (Lc 2,48), ne demande plus maintenant… Son Fils lui a maintenant été arraché et Elle "souffre sans faire souffrir". Elle sera notre Mère !