Une équipe de 217 prêtres commentent l'Évangile du jour
213 prêtres commentent l'Évangile du jour
Méditons l’Évangile d’aujourd’hui
L'Évangile d'aujourd'hui + homélie (de 300 mots)
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Abbé Enric CATALÁN (Sant Cugat del Vallès, Barcelona, Espagne)Aujourd'hui nous célébrons le grand repos du Samedi saint. Dans le « triduum » pascal, nous centrons souvent notre attention sur la Passion ou sur la Résurrection du Seigneur, mais nous oublions facilement le lien qui unit ces deux événements : le Samedi saint. Peut-être est-ce parce que le silence profond de ce jour est rapidement étouffé par le bruit de notre monde. Et pourtant, c’est dans ce silence que la parole trouve son sens. La mort de Jésus n’est pas symbolique : elle est réelle. Il ne s’est pas seulement solidarisé avec les vivants — par son incarnation — mais, depuis le tombeau, il s’est aussi solidarisé avec les défunts.
Une femme de la paroisse de Sabadell (Espagne) visitait le cimetière chaque samedi ; elle disait qu’elle aimait la paix de ce lieu. Et en effet, « cimetière » signifie en grec « dortoir », lieu de repos après une grande activité. Hier — Vendredi saint — Jésus achevait l’œuvre de la rédemption. Aujourd’hui, dans le tombeau, il se repose. Il n’agit pas. C’est une pure passivité confiante. Il s’abandonne entre les mains du Père, sachant qu’il sera délivré.
La descente du Christ va au-delà du tombeau : il descend aux enfers, dans l’abîme, dans le royaume des morts. Comme Jonas dans le monstre marin, Jésus connaît la mort de l’intérieur, il la sonde, comme nous le ferons nous aussi un jour. Mais le Samedi saint n’affirme pas seulement que le Fils de Dieu s’est reposé parmi les morts ; il affirme aussi qu’il en est revenu. Le Père ne l’a pas laissé dans ce royaume, mais l’a libéré de ses liens. Le monstre de la mort n’a pas pu retenir captif celui que le Père aime.
Et s’il n’a pas pu le retenir, il ne pourra pas non plus retenir ceux qui ont entendu sa voix : les justes qui reposaient dans la mort. Tel est le mystère profond du Samedi saint, un silence plus éloquent que mille paroles. Préparons-nous, dans ce silence, à Pâques. À la parole renouvelée que nous entendrons cette nuit. « Mon cœur exulte, mon âme est en fête, ma chair elle-même repose en confiance » (Ps 15,9).
Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui
« Quelle idée de Dieu l’homme aurait-il pu se faire auparavant, qui ne soit pas une idole fabriquée par son cœur ? Il était incompréhensible et inaccessible, invisible et supérieur à toute pensée humaine ; mais maintenant Il a voulu être compris. De quelle façon ? te demanderas-tu. Et bien en dormant dans une mangeoire, prêchant sur la montagne, passant ses nuits en prière ; ou bien suspendu à la croix… » (Saint Bernard)
« Les ténèbres divines de ce jour, de ce siècle, qui ressemble de plus en plus à un samedi saint, parlent à nos consciences. Elles ont en elles quelque chose de consolateur parce que la mort de Dieu en Jésus Christ est, en même temps, l’expression de sa solidarité absolue avec nous. Le mystère le plus obscur de la foi est, en même temps, le plus brillant signal d’une espérance sans frontières » (Benoît XVI)
« La mort du Christ a été une vraie mort en tant qu’elle a mis fin à son existence humaine terrestre. Mais à cause de l’union que la Personne du Fils a gardé avec son Corps, il n’est pas devenu une dépouille mortelle comme les autres car " il n’était pas possible qu’il fût retenu en son pouvoir (de la mort) " (Ac 2,24) (…). La Résurrection de Jésus " le troisième jour " (1 Co 15, 4) en était la preuve car la corruption était censée se manifester à partir du quatrième jour » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 627)
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Père Jacques PHILIPPE (Cordes sur Ciel, France)shalom".
De la même manière, après le douloureux travail de la Croix, «enclume où l’homme est forgé à nouveau» selon l’expression de Catherine de Sienne, Jésus entre dans son repos au moment même où s’allument les premières lumières du Shabbat: «Tout est accompli» (Jn 19,3). L’œuvre de la nouvelle création est maintenant achevée : l’homme autrefois prisonnier du néant du péché devient dans le Christ une nouvelle créature. Une nouvelle alliance entre Dieu et l’humanité vient d’être scellée, que rien ne pourra jamais briser, car toute infidélité peut désormais être lavée dans le sang et l’eau jaillis de la croix.
La lettre aux Hébreux nous dit : «Un repos, celui du septième jour, est réservé au peuple de Dieu» (Heb 4,9). La foi en Christ nous y donne accès. Que notre vrai repos, notre paix profonde, non pas pour un seul jour mais pour toute la vie, soit une totale espérance en l’infinie miséricorde de Dieu, selon l’invitation du psaume 16 : «Ma chair elle-même reposera dans l’espérance car tu ne peux abandonner mon âme aux enfers». Qu’avec un cœur nouveau nous nous préparions à célébrer dans la joie les noces de l’Agneau et nous laisser pleinement épouser par l’amour de Dieu manifesté dans le Christ.
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Abbé Joan BUSQUETS i Masana (Sabadell, Barcelona, Espagne)Aujourd'hui il n'y a pas d'Evangile proprement dit à méditer, ou à vrai dire, nous devrions méditer tout l'Evangile (avec un grand “E”) (la Bonne Nouvelle), parce que tout l'Evangile culmine dans ce que nous nous rappelons aujourd'hui: Jésus se donne à la Mort afin de ressusciter et à travers la résurrection nous donner une Vie Nouvelle.
Aujourd'hui, l'Eglise reste à côté du tombeau du Seigneur, méditant sa Passion et sa Mort. Nous ne célébrons l'Eucharistie qu'une fois la journée finie, demain, journée qui commence par la Veillée solennelle de la Résurrection. Aujourd'hui, c'est la journée du silence, de la douleur, de la tristesse, de la réflexion et de l'attente. Aujourd'hui la Sainte Réserve n'est pas présente au Tabernacle. La Croix est la seule présence: souvenir et signe de son “Amour à l'extrême”, et laquelle nous adorons avec ferveur.
Aujourd'hui nous accompagnons Marie, la Mère. Il faut que nous l'accompagnions pour être capables de comprendre le vrai sens du sépulcre que nous veillons. Elle, qui avec tendresse et amour gardait dans son cœur de Mère les mystères qu'Elle n'arrivait pas encore à comprendre sur ce Fils qui était le Sauveur des hommes, est triste et elle souffre: «Il est venu chez les siens, et les siens ne l'ont pas reçu» (Jn 1,11). C'est aussi la tristesse d'une autre Mère: l'Eglise, qui souffre par le refus des hommes et des femmes qui n'accueillent pas Celui qui est pour eux la Lumière et la Vie.
Aujourd'hui, en priant avec ces deux Mères, le disciple du Christ médite et répète l'antienne de Laudes: «Il s'est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu'à mourir, et à mourir sur une croix. C'est pourquoi Dieu l'a élevé au-dessus de tout; il lui a conféré le Nom qui surpasse tous les noms» (Ph 2,8-9).
Ce jour le chrétien fidèle écoute l'homélie Eveille-toi, ô toi qui dors du Samedi Saint, qu'on lit dans l'Office de la lecture: «Aujourd'hui, grand silence sur la terre; grand silence et ensuite solitude parce que le Roi sommeille. La terre a tremblé et elle s'est apaisée, parce que Dieu s'est endormi dans la chair et il a éveillé ceux qui dorment depuis les origines. Dieu est mort dans la chair et le séjour des morts s'est mis à trembler».
Préparons-nous avec Notre Dame de la Solitude à vivre la splendeur de la Résurrection afin de célébrer et proclamer, à la fin de cette triste journée, ensemble avec l'autre mère, la Sainte Eglise: Il est ressuscité, comme Il l'avait dit" (cf Mt 28,6).