Une équipe de 222 prêtres commentent l'Évangile du jour
222 prêtres commentent l'Évangile du jour
Méditons l’Évangile d’aujourd’hui
L'Évangile d'aujourd'hui + homélie (de 300 mots)
» Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : ‘Venez, vous qui êtes bénis de mon Père ; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde. Car j'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais étranger, et vous m'avez recueilli ; j'étais nu, et vous m'avez vêtu ; j'étais malade, et vous m'avez visité ; j'étais en prison, et vous êtes venus vers moi’.
» Les justes lui répondront : ‘Seigneur, quand t'avons-nous vu avoir faim, et t'avons-nous donné à manger ; ou avoir soif, et t'avons-nous donné à boire ? Quand t'avons-nous vu étranger, et t'avons-nous recueilli ; ou nu, et t'avons-nous vêtu ? Quand t'avons-nous vu malade, ou en prison, et sommes-nous allés vers toi ?’. Et le roi leur répondra : ‘Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous les avez faites ».
« C'est à moi que vous les avez faites »
Abbé Antoni CAROL i Hostench (Sant Cugat del Vallès, Barcelona, Espagne)Aujourd'hui, nous nous réjouissons de la sainteté d’une reine de la fin du Moyen Âge (XIIIe-XIVe siècles), sainte Élisabeth de Portugal. Elle fut baptisée du nom d’Élisabeth en souvenir et en hommage à sa grand-tante, sainte Élisabeth de Hongrie (1207-1231).
Malgré la distance temporelle et géographique, les parallèles de vie sainte entre ces deux femmes sont frappants : données en mariage très jeunes, mais héroïquement fidèles à leur engagement conjugal ; pieuses et fidèles à Dieu au milieu des milieux de cour ; portées —personnellement— vers le soin des plus pauvres et des plus marginalisés, avec de nombreuses œuvres de charité, accomplies avec magnificence en mettant à profit leur position sociale.
Élisabeth de Portugal a pu entendre les paroles du « Roi des rois » : « Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,40). Elle fonda des hôpitaux, des hospices et des monastères. Sa cour devint un centre de charité chrétienne, et il était courant qu’elle distribue elle-même —personnellement— des aumônes et de la nourriture.
L’une des vertus les plus remarquables d’Élisabeth fut son rôle de « médiatrice de paix ». « La charité prend patience, la charité rend service, (…) elle ne cherche pas son intérêt, elle ne s’emporte pas, elle n’entretient pas de rancune » (1Co 13,4-5) : jusqu’à sa vieillesse, Élisabeth fut une artisane de paix infatigable. À une époque où les querelles dynastiques, territoriales et politiques étaient constantes, elle agit à maintes reprises comme un instrument d’unité, désamorçant des affrontements, même lorsque les guerres impliquaient son époux ou son fils.
Sainte Élisabeth mérite l’éloge de Jésus envers ceux qui favorisent la paix : « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5,9). L’éloge est beau, mais y parvenir est exigeant et repose sur l’amitié avec le Seigneur. Selon les paroles du pape Léon XIV, « l’unité pour laquelle Jésus prie est une communion fondée sur le même amour dont Dieu aime. Et, comme telle, elle est avant tout un “don” que Jésus apporte avec lui ». Élisabeth, plongée dans le milieu toujours compliqué de la cour, sut, par sa piété habituelle, “courtiser” le principal Auteur de la paix : l’Esprit Saint.