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Méditons l’Évangile d’aujourd’hui

L'Évangile d'aujourd'hui + homélie (de 300 mots)

Temps duCarême - 2e Semaine: Lundi

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Première Lecture (Dn 9,4b-10): Je fis au Seigneur mon Dieu cette prière et cette confession : « Ah ! toi Seigneur, le Dieu grand et redoutable, qui garde alliance et fidélité à ceux qui l’aiment et qui observent ses commandements, nous avons péché, nous avons commis l’iniquité, nous avons fait le mal, nous avons été rebelles, nous nous sommes détournés de tes commandements et de tes ordonnances. Nous n’avons pas écouté tes serviteurs les prophètes, qui ont parlé en ton nom à nos rois, à nos princes, à nos pères, à tout le peuple du pays.

À toi, Seigneur, la justice ; à nous la honte au visage, comme on le voit aujourd’hui pour les gens de Juda, pour les habitants de Jérusalem et de tout Israël, pour ceux qui sont près et pour ceux qui sont loin, dans tous les pays où tu les as chassés, à cause des infidélités qu’ils ont commises envers toi. Seigneur, à nous la honte au visage, à nos rois, à nos princes, à nos pères, parce que nous avons péché contre toi. Au Seigneur notre Dieu, la miséricorde et le pardon, car nous nous sommes révoltés contre lui, nous n’avons pas écouté la voix du Seigneur, notre Dieu, car nous n’avons pas suivi les lois qu’il nous proposait par ses serviteurs les prophètes. »
Psaume Responsorial: 78
R/. Seigneur, ne nous traite pas selon nos péchés.
Combien de temps, Seigneur, durera ta colère ? Ne retiens pas contre nous les péchés de nos ancêtres : que nous vienne bientôt ta tendresse, car nous sommes à bout de force !

Aide-nous, Dieu notre Sauveur, pour la gloire de ton nom ! Délivre-nous, efface nos fautes, pour la cause de ton nom !

Que monte en ta présence la plainte du captif ! Ton bras est fort : épargne ceux qui doivent mourir. Et nous, ton peuple, le troupeau que tu conduis, sans fin nous pourrons te rendre grâce.
Verset avant l'Évangile (Jn 6,64.69): Tes paroles, Seigneur, sont esprit et elles sont vie. Tu as les paroles de la vie éternelle.
Texte de l'Évangile (Lc 6,36-38): «Soyez donc miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux. Ne jugez point, et vous ne serez point jugés; ne condamnez point, et vous ne serez point condamnés; absolvez, et vous serez absous. Donnez, et il vous sera donné: on versera dans votre sein une bonne mesure, serrée, secouée et qui déborde; car on vous mesurera avec la mesure dont vous vous serez servis».

« Soyez donc miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux »

Abbé Zacharias MATTAM SDB (Bangalore, Inde)

Aujourd'hui, comment doit se comporter un chrétien avec ses frères et sœurs ? Et bien en montrant envers eux la même miséricorde et amabilité que le Père céleste : « Soyez donc miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux » (Lc 6,36). Jésus a dit, « Je ne suis pas venu pour juger le monde, mais pour sauver le monde » (Jn 12,47). Jésus-Christ n’a même pas jugé ses bourreaux. Au contraire, Il a pensé du bien d’eux en les excusant et en priant pour eux : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23,34). En tant que ses disciples, nous sommes invités à être comme le Maître.

Jésus dit dans l’Evangile de Matthieu : « Ne jugez point et vous ne serez pas jugés » Pourquoi regardes-tu le fétu dans l'œil de ton frère alors que tu ne remarques pas la poutre qui est dans ton œil ? (Mt 7,1.3) La poutre c’est le c’est le “désamour”, “l’orgueil” et le “ressentiment” dans notre cœur. Ces vices sont comme une poutre qui nous empêche de considérer la faute de notre frère de sa propre perspective, ce qui est plus grave que la faute en elle-même (au bout du compte, un fétu de paille !) et, par conséquent, ce sont ces attitudes qu’on devrait supprimer en premier lieu. C’est seulement avec l’amour que nous pouvons vraiment corriger l’autre, en prenant en compte que « l’amour excuse tout » (1Cor 13,7).

Quand Le Christ dit « ne jugez pas » il n’est pas en train de nous interdire d’exercer notre capacité de discernement, ni de dire que nous devons approuver tout ce que fait notre frère. Ce qu’Il interdit, c’est d’attribuer une mauvaise intention à la personne qui agit de cette manière. Dieu seul sait ce qu’il y a dans le cœur de la personne. « L’homme regarde les apparences mais le Seigneur regarde le cœur »(1 Sam 16,7). Par conséquent, juger est une prérogative de Dieu, prérogative que nous lui usurpons quand nous jugeons notre prochain.

L’important dans le Christianisme c’est l’amour : «Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés» (Jn 13,34). Cet amour se répand dans nos cœurs à travers le Saint Esprit (cf. Rom 5,5). Dans l’Eucharistie, le Christ nous donne Son Cœur comme un don et ainsi nous pouvons aimer chacun avec Son Cœur et être miséricordieux comme le Père du Ciel est miséricordieux.

Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Dieu m’a donné sa miséricorde infinie, et à travers elle je contemple et j’adore toutes les autres perfections divines… ! Alors elles me paraissent toutes rayonnantes d’amour ; même la justice (et celle-ci peut-être plus encore que toutes les autres) me parait revêtue d’amour » (saint Thérèse de Lisieux)

  • « Dieu ne peut simplement pas ignorer toute la désobéissance des hommes, tout le mal de l’Histoire : il ne peut pas le traiter comme quelque chose hors de propos et d’insignifiant. Cette espèce de “miséricorde” et “pardon inconditionnel” serait “une grâce à bas prix”. ‘Si nous sommes infidèles, Lui reste fidèle, car il ne peut pas se renier lui-même (2Tm 2, 13) » (Benoit XVI)

  • « Ce flot de miséricorde ne peut pénétrer notre cœur tant que nous n’avons pas pardonné à ceux qui nous ont offensés. L’Amour, comme le Corps du Christ, est indivisible : nous ne pouvons pas aimer le Dieu que nous ne voyons pas si nous n’aimons pas le frère, la sœur, que nous voyons (1Jn 4, 20). Dans le refus de pardonner à nos frères et sœurs, notre cœur se referme, sa dureté le rend imperméable à l’amour miséricordieux du Père ; dans la confession de notre péché, notre cœur est ouvert à sa grâce » (catéchisme de l’Eglise catholique, n° 2.840)

Autres commentaires

«Donnez, et il vous sera donné»

+ Abbé Antoni ORIOL i Tataret (Vic, Barcelona, Espagne)

Aujourd'hui l'Évangile de Luc proclame un message plus dense que bref, et pourtant il est bref! Il peut être réduit à deux considérations: un encadrement de miséricorde et un contenu de justice.

En premier lieu, un encadrement de miséricorde. En effet, la consigne de Jésus s'affirme comme une norme et resplendit comme un astre. Norme absolue: si notre Père qui est au ciel est miséricordieux, nous, qui sommes ses fils, devons l'être aussi. Et le Père est si miséricordieux! Le verset antérieur affirme: «(...) et vous serez les fils du Très-Haut, car Il est bon, lui, pour les ingrats et les méchants» (Lc 6,35).

En deuxième lieu, un contenu de justice. En effet, nous nous trouvons confrontés à une sorte de “loi du talion”, aux antipodes de celle qui a été rejeté par Jésus («oeil pour oeil, dent pour dent»). En quatre étapes successives, le divin Maître nous instruit, d'abord, avec deux négations, ensuite, avec deux affirmations. Négations: «Ne jugez point, et vous ne serez point jugés»; «ne condamnez point, et vous ne serez point condamnés». Affirmations: «absolvez, et vous serez absous»; «Donnez, et il vous sera donné».

Appliquons cela brièvement à notre vie quotidienne, en nous arrêtant spécialement à la quatrième consigne, comme le fait Jésus. Examinons notre conscience avec courage et clarté: si en matière familial, culturelle, économique et politique le Seigneur devait juger et condamner notre monde comme le monde juge et condamne, qui pourrait affronter son tribunal? (Songeons simplement au monde de la vie politique, en rentrant à la maison, en lissant le journal ou en écoutant les nouvelles). Si le Seigneur nous pardonnait comme le font d'habitude les hommes, combien de personnes et institutions parviendraient à la pleine réconciliation?

Mais la quatrième consigne mérite une réflexion particulière. En elle, la bonne loi du talion que nous sommes en train de considérer est en quelque sorte dépassée. En effet, si nous donnons, nous sera-t-il donné proportionnellement? Certainement pas! Si nous donnons, nous recevrons —notons-le bien— «une bonne mesure, serrée, secouée et qui déborde» (Lc 6,38). Car, c'est à la lumière de cette disproportion bénie que nous sommes exhortés de donner au préalable. Demandons-nous, donc: quand je donne, est-ce que je donne bien, le meilleure de moi-même, est-ce que je donne pleinement?