Une équipe de 215 prêtres commentent l'Évangile du jour
213 prêtres commentent l'Évangile du jour
Méditons l’Évangile d’aujourd’hui
L'Évangile d'aujourd'hui + homélie (de 300 mots)
Jésus leur dit: «Génération incroyante, combien de temps devrai-je rester auprès de vous? Combien de temps devrai-je vous supporter? Amenez-le auprès de moi». On l'amena auprès de lui. Dès qu'il vit Jésus, l'esprit secoua violemment l'enfant; celui-ci tomba, il se roulait par terre en écumant. Jésus interrogea le père: «Combien y a-t-il de temps que cela lui arrive?». Il répondit: «Depuis sa petite enfance. Et souvent il l'a même jeté dans le feu ou dans l'eau pour le faire périr. Mais si tu y peux quelque chose, viens à notre secours, par pitié pour nous!». Jésus reprit: «Pourquoi dire: ‘Si tu peux’? Tout est possible en faveur de celui qui croit». Aussitôt le père de l'enfant s'écria: «Je crois! Viens au secours de mon incroyance!».
Jésus, voyant que la foule s'attroupait, interpella vivement l'esprit mauvais: «Esprit qui rends muet et sourd, je te l'ordonne, sors de cet enfant et n'y rentre plus jamais!». L'esprit poussa des cris, secoua violemment l'enfant et sortit. L'enfant devint comme un cadavre, de sorte que tout le monde disait: «Il est mort». Mais Jésus, lui saisissant la main, le releva, et il se mit debout. Quand Jésus fut rentré à la maison, seul avec ses disciples, ils l'interrogeaient en particulier: «Pourquoi est-ce que nous, nous n'avons pas pu l'expulser?». Jésus leur répondit: «Rien ne peut faire sortir cette espèce-là, sauf la prière».
« Tout est possible en faveur de celui qui croit »
Abbé Antoni CAROL i Hostench (Sant Cugat del Vallès, Barcelona, Espagne)Aujourd'hui nous fêtons saint Pierre Damien (1007-1072), moine, réformateur et docteur de l’Eglise, dont la vie a été un témoignage ardent de pénitence, prière et amour inébranlable de la vérité. Dans le passage de l’Evangile d’aujourd’hui, Jésus se plaint : « Génération incroyante ! Combien de temps devrai-je rester auprès de vous ? » (Mc 9,19) . Ce cri résonne avec force dans la mission de saint Pierre Damien, qui a lutté contre la tiédeur spirituelle de son époque avec une vie d’austérité et une parole prophétique.
La scène évangélique présente un jeune garçon possédé, symbole d’une humanité dépravée à cause du mal, incapable de se libérer juste avec ses propres forces. Le père du garçon clame : « Si tu peux faire quelque chose, aie pitié de nous » (Mc 9,22). Jésus répond avec une invitation radicale à la foi : « Tout est possible pour celui qui croit ! » (Mc 9,23). Saint Pierre Damien a vécu cette foi avec véhémence, convaincu que la réforme de l’Eglise passait par la conversion profonde de chaque âme. Sa vie monastique, marquée par le jeûne, le silence et la prière, a été une supplique constante : « Je crois, Seigneur, mais aide mon incrédulité » (Mc 9,24). Il appelait la cellule érémitique « parloir où Dieu fait la conversation avec les hommes ».
Il ne séparait pas la contemplation et l’action : vivant en ermite dans la solitude de Font Avellane, il écrivit des lettres et des traités pour défendre la discipline ecclésiale, sans craindre de dénoncer le péché à l’intérieur et à l’extérieur du clergé. Comme allait le dire le pape Léon XIV : « La cohérence de vie est une manière concrète de contribuer à l’amélioration de la société ».
Jésus montre qu’ « on ne peut se dégager de cette sorte [de démons] qu’avec la prière et le jeûne » (Mc 9,29). Saint Pierre Damien a compris que sans lutte intérieure, sans croix, il n’y a pas de renouveau : « Oh croix bénite - disait-il – tu es vénérée, prêchée et honorée par la foi des patriarches, les prédictions des prophètes, le sénat des Apôtres qui juge et l’exercice victorieux des martyrs et les multitudes de tous les saints ».
Aujourd’hui, son témoignage nous interpelle : vivons-nous la foi comme un feu ardent ou comme une routine ? Prions-nous avec notre âme ou seulement avec nos lèvres ?