Une équipe de 225 prêtres commentent l'Évangile du jour
225 prêtres commentent l'Évangile du jour
Méditons l’Évangile d’aujourd’hui
L'Évangile d'aujourd'hui + homélie (de 300 mots)
» Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : ‘Venez, vous qui êtes bénis de mon Père ; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde. Car j'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais étranger, et vous m'avez recueilli ; j'étais nu, et vous m'avez vêtu ; j'étais malade, et vous m'avez visité ; j'étais en prison, et vous êtes venus vers moi’.
» Les justes lui répondront : ‘Seigneur, quand t'avons-nous vu avoir faim, et t'avons-nous donné à manger ; ou avoir soif, et t'avons-nous donné à boire ? Quand t'avons-nous vu étranger, et t'avons-nous recueilli ; ou nu, et t'avons-nous vêtu ? Quand t'avons-nous vu malade, ou en prison, et sommes-nous allés vers toi ?’. Et le roi leur répondra : ‘Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous les avez faites ».
« Toutes les fois que vous avez fait ces choses à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous les avez faites »
Abbé Antoni CAROL i Hostench (Sant Cugat del Vallès, Barcelona, Espagne)Aujourd'hui nous célébrons la charité héroïque et la sainteté de saint Pierre Nolasque (v. 1180-1256), fondateur de l’Ordre de la Merci. Lorsque nous entendons Jésus nous parler de celui qui a faim, de celui qui a soif, de l’étranger… (cf. Mt 25,35-36), nous comprenons mieux jusqu’où allait le don de soi de Pierre Nolasque : il voyait le Christ réellement présent dans les captifs de son temps.
Pierre ne s’est pas contenté d’éprouver de la compassion. Marchand de profession, il connaissait de près le drame de tant de chrétiens privés de liberté et, poussé par la miséricorde, il commença à consacrer ses biens à leur rachat. Lorsque ses ressources furent épuisées, il se mit à demander l’aumône pour eux et consacra toute sa vie à cette œuvre.
Léon XIV décrivait ainsi le contexte historique de cette époque : « Entre la fin du XIIe siècle et le début du XIIIe siècle, alors que de nombreux chrétiens étaient capturés en Méditerranée (…), deux ordres religieux virent le jour : l’Ordre de la Très Sainte Trinité pour la Rédemption des Captifs (les Trinitaires) et l’Ordre de la Bienheureuse Vierge Marie de la Merci (les Mercédaires), fondé par saint Pierre Nolasque [en 1218], avec le soutien du dominicain saint Raymond de Peñafort. Ces communautés de religieux consacrés naquirent avec pour charisme particulier de libérer les chrétiens réduits en esclavage, en mettant leurs biens à leur disposition et, souvent, en offrant leur propre vie en échange ».
Le prochain dans le besoin n’est pas un étranger, mais le Christ qui nous rend visite : « Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,40). Pierre ne s’est pas contenté d’une charité sans contraintes, mais il a vécu une miséricorde faite de sacrifice, de détachement et de don de soi. Sa pensée et sa vie pourraient se résumer dans cette démarche propre aux Mercédaires : visiter, libérer et, si nécessaire, donner sa propre vie.
Demandons à saint Pierre Nolasque un cœur semblable au sien : capable de voir les formes de captivité de notre temps, de s’en émouvoir et de s’engager. Car, devant le Christ Roi, ce qui comptera ne sera pas ce que nous aurons conservé, mais tout l’amour que nous aurons su traduire en actes. Et peut-être le Seigneur nous demandera-t-il, aujourd’hui encore : qui as-tu libéré, consolé ou servi par amour pour Moi ?